Cathedral Church of St John the Divine - Sensation étrange - 20 août 2006 |
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Quelles sensations de se retrouver là. Je ne m'attendais à rien d'exceptionnelle en allant sur le chantier en cours depuis des décennies de la cathédrale Saint Jean le Divin. J'avais déjà entendu parler de cette cathédrale en construction depuis toujours mais j'étais loin de m'imaginer ce que j'allais ressentir ici. Passé le premier échafaudage escaladant l'une des flèches depuis de trop nombreuses années et donnant aux pierres une couleur de rouille, je me retrouve sous le portail principal. Déjà, mon regard est attiré sur ces pierres épannelées comme au temps de nos cathédrales gothiques. A l'époque, les sculpteurs attendaient le dernier moment pour donner vie à ces blocs. Chacuns d'entre eux devenaient alors un chapiteau, la figure d'un Saint ou une simple rosace. Je retrouve ici ces pierres entières, massives en attente d'être taillées. Drôle d'impression de se sentir entre deux temps, deux phases dans cette cathédrale qui, pour nous, devrait être achevée depuis des siècles. Le portail franchi, un long couloir étroit et ramassé se présente à moi dans l'axe de l'église masquant toute la nef. Seul le sol en dalles de marbre en trahit la présence. Cet entre-deux semble me conduire vers un lieu mystérieux tant l'atmosphère qu'il dégage semble incongrue. Une dernière chicane et, là, je me retrouve projeté dans le passé. La lumière dans la pénombre voilà ma première impression. C'est une sensation difficile à décrire. Mon regard se perd dans tous les sens, mes repères deviennent flous. Je suis entre deux étapes, au milieu de la fin et du début. Au fond, le choeur est étincelant. Chaque objet est mis en valeur dans un jeu de clair-obscur. Dans la croisée du transept où je me trouve, c'est la pénombre. Un éclairage zénithal m'éblouit, ne me permettant de déceler qu'au dessus de ma tête qu'une lourde coupole soutenu par quatre piliers constitués de pierres massives. Une simple ébauche de volume alors que le sanctuaire est achevé. Pour un oeil averti, ce projet est en fait plein d'éléments épars faisant référence à notre passé avec des maladresses qui le rende attachant. Ici, j'ai ressenti ce que les premiers maîtres maçons ont dû éprouver. Pour eux, le plaisir de voir l'oeuvre d'une vie s'élever sous leur yeux; pour moi, le plaisir de ressentir un instant l'excitation de vivre un moment de cette construction. |
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